mercredi , 13 décembre 2017
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Langue

Les langues camerounaises étaient à la fois si nombreuses (entre 250 et 300), si diverses (enchevêtrement de langues des familles nigéro-congolaise, nilo-sahariennes, bantoues et chamito-sémitiques, et parlées parfois par si peu de locuteurs que, au moment de l\’Indépendance, il paraissait plus pratique de maintenir le français et l\’anglais comme langues co-officielles de l\’État. De toute façon, personne n\’était alors intéressé au sort des langues nationales, qui s\’écrivaient peu… ou pas du tout. Afin de schématiser l\’enchevêtrement ethnique de la population camerounaise, il paraît utile de la classer en trois catégories: le Nord, le Sud et l\’Ouest.

Les ethnies

Au point de vue numérique, les principaux groupes ethniques sont les Fangs (19,6 %), les Bamilékés et les Bamouns (18,5 %), les Doualas, les Loumdous et les Bassas (14,7 %), les Peuls (9,6 %), les Tikars (7,4 %), les Mandaras (5,7 %), les Makas (4,9 %), les Chambas (2,4 %), les Mbums (1,3 %) et les Haoussas (1,2 %).

Le nord du Cameroun (du lac Tchad à la province de l\’Adamaoua, comprenant les provinces Extrême-Nord, Nord et Adamoua) est dominé par les Peuls musulmans, appelés Foulbé, dont les chefferies détiennent dans le pays une position politique dominante; ils se sont faits depuis plusieurs siècles les principaux propagateurs de l\’islam; des populations animistes dites kirdi («païennes») ont généralement échappé à l\’islamisation. On trouve également dans ce «Grand Nord» les Arabes Choas, les Kotokos, les Kapsikis, les Massas, les Mousgoums, les Toupouris, les Mafas, les Guizigas, les Komas, les Mboums, les Falis, les Saras, les Haoussas, les Bayas, etc.

Le Sud est le pays des ethnies bantoues (les Doualas, les Bétis, les Atons, les Bassas, les Bafias, les Boulous, etc.), mais les régions forestières du Sud-Est n\’abritent guère que quelques communautés de pygmées. À la différence du Nord et de ses puissantes chefferies, le Sud n\’a pas connu de grandes organisations politiques, mais une fragmentation de l\’autorité à l\’échelon des familles, des lignages et des clans. Dans les régions côtières, les populations, notamment les Doualas, sont entrées tôt en contact avec les Européens et ont été scolarisés par les missions chrétiennes; par la suite, ils ont constitué une part importante des élites camerounaises qui ont pris la relève du pouvoir colonial. Paradoxalement, le premier président de la République, Ahmadou Ahidjo, était nordiste, foulbé et musulman.

Dans l\’Ouest, on trouve surtout les Bamouns et les Bamilékés, un peuple qui doit sa notoriété à son dynamisme économique et à son expansion spatiale. Les Bamilékés ont fait du port de Douala la capitale économique du Cameroun. Ces peuples sont majoritairement convertis aux religions chrétiennes, mais les Bamoums sont en partie islamisés. La région de l\’Ouest se caractérise aussi par un héritage colonial qui en a fait une région partiellement anglophone (les provinces du Nord-Ouest et du Sud-Ouest) au sein d\’un État majoritairement francophone.

Les langues

Le Cameroun est un pays très complexe au point de vue linguistique. Le pays est un véritable melting pot linguistique comptant entre 250 et 300 langues réparties entre quatre grands groupes: les langues chamito-sémitiques (afro-asiatiques), les langues nigéro-congolaises, les langues nilo-sahariennes et les langues bantoues.

C\’est dans ce monde tripartite et très complexe (entre 250 et 300 langues) que se formèrent les principales langues véhiculaires camerounaises: le foulfouldé (fulfulde) ou peul qui est en usage dans tout le Nord (à l\’exception du Logone-et-Chari où domine l\’arabe), le béti et le bassa dans le Centre-Sud, le boulou et le pidgin english dans l\’Ouest et sur le littoral (provinces francophones de l\’Ouest et du Littoral comprises), chacune dépassant aujourd\’hui les trois millions de locuteurs. On utilise aussi l\’éwondo dans la banlieue de Yaoundé et le douala sur la côte. Le pluralisme linguistique au Cameroun est tel qu\’il est difficile de prétendre affirmer avec exactitude, combien d\’ethnies et de langues compte le pays.

Il faut apporter quelques précisions au sujet des langues composites telles le pidgin english, le camfranglais et le franfulfude. C\’est le contact permanent entre les langues africaines locales et les langues officielles européennes, le français et l\’anglais, qui a entraîné la naissance de ces parlers composites (hybrides).

– Le pidgin english

Il s\’agit d\’une sorte de créole comparable à ceux utilisés aux Antilles, mais il est surtout pratiqué au Cameroun dans les zones à forte diversité linguistique (pays bamiléké et Grassfields), ainsi qu\’à Douala où le cosmopolitisme de la ville a imposé cette langue véhiculaire dans les transactions commerciales. On peut même affirmer que le pidgin english demeure la langue la plus parlée dans le pays, car elle sert de langue véhiculaire dans les deux provinces anglophones et dans les provinces francophones de l\’Ouest et du Littoral, contiguës aux provinces anglophones. C\’est également l\’idiome véhiculaire dans les grandes villes commerçantes dont évidemment Douala, mais aussi Ebolowa, Mbalmayo, Yaoundé (la capitale), Batouri, Ngaoundéré, etc. On compte au total au moins deux millions de locuteurs.

Le pidgin english est grandement utilisé comme langue véhiculaire dans les deux provinces anglophones (Nord-Ouest et Sud-Ouest) du Cameroun ainsi que dans les provinces françaises limitrophes (Ouest et Littoral). On estime que 80 % des Camerounais anglophones peuvent utiliser le pidgin english, alors que 40 % des Camerounais francophones y auraient également recours. Lorsque, par exemple, deux Camerounais ne s\’expriment pas dans la même langue officielle, ils ont recours au pidgin english. Par ailleurs, le pidgin-english parlé par les anglophones et celui parlée par les francophones ne sont pas identiques. Il existe des différences phonétiques et lexicales, ce qui complique l\’intercompréhension. Selon certains, le pidgin english parlé par les anglophones peut apparaître comme une sorte de dialecte par rapport à l\’anglais (un «anglais de brousse»), car il demeure dans une continuité interlinguistique. Par contre, le pidgin english parlé par les francophones est dans un rapport de discontinuité interlinguistique avec le français. Ce sont des pidgins relativement autonomes. Un certain nombre de Camerounais parle le pidgin english comme langue maternelle.

– Le camfranglais

On peut mentionner également une variété de pidgin appelée camfranglais. C\’est une sorte de franglais camerounais argotique tiré du français, de l\’anglais, du pidgin english et d\’autres langues locales. En voici un exemple: «La big-reme va bring mon binji au school» (“La grand-mère est allé prendre mon petit frère à l\’école”). Ce parler connaît une dispersion et une pénétration sociales importante au Cameroun, mais il demeure surtout un parler de jeunes entre amis ou familiers.

– Le franfulfude

Le franfulfude (franfoulfouldé) est une autre langue composite. Il est issu d\’un mélange du fulfuldé et du français. Il sert de moyen de communication aux étudiants des couches sociales plus ou moins scolarisées du Cameroun. Par exemple, le franfufulde est couramment utilisé par les étudiants fréquentant l\’Université de Ngaoundéré.

– Le français

Dans les faits, le français parlé par les Camerounais est grandement influencé par des emprunts aux langues locales comme le béti, le douala, mais aussi par l\’anglais et le pidgin-english. De plus, les Camerounais ont créé de nombreux néologismes français propres au Cameroun: accélérateur («aphrodisiaque»), adversaire («maîtresse»), balafong («xylophone»), bordelle («putain»), bourrer («mentir»), cadeauter («offrir un cadeau»), enceinter («rendre enceinte»), grever («faire la grève»), ivoirien («personne qui n\’y voit rien»), joueur («personne qui joue le rôle principal dans un film»), main de banane («portion de banane»), nordiste (habitant le Nord»), palabrer («se plaindre»), planton («garçon de bureau»), promotionnaire («camarade de promotion»), radio-trottoir («rumeur publique»), sucrerie (boisson sucrée»), taxi-man («chauffeur de taxi»), washman («blanchisseur»), etc.

– Le bilingusime

Par ailleurs, la population camerounaise est considérée comme bilingue: elle est majoritairement francophone (env. 78 % de la population), mais compte une minorité de quelque 22 % d\’anglophones vivant dans la partie ouest (provinces du Nord-Ouest et du Sud-Ouest), autrefois sous administration britannique. Le Cameroun applique la formule de la division territoriale des langues coloniales. Le sud-ouest du pays (provinces du Nord-Ouest et du Sud-Ouest) constitue la portion anglophone; tout le reste, la partie dite francophone. Même si le français et l\’anglais sont reconnus à égalité dans l\’administration, l\’éducation, le commerce et les médias, on verra que la balance est plus lourde d\’un côté que de l\’autre, d\’autant plus que Yaoundé, la capitale politique, et Douala, la capitale économique, sont situées toutes deux dans la zone francophone. Il faut dire aussi que le régime francophile en place depuis l\’Indépendance a toujours favorisé les francophones aux dépens des anglophones. D\’ailleurs, la progression rapide du français, particulièrement dan les provinces anglophones, fait de cette langue l\’idiome le plus diffusé et le facteur d\’unification primordial du pays.

Avec 34,7 % de la population, les catholiques sont les plus nombreux. Les adeptes des religions traditionnelles sont 26 %; les musulmans, 21,8 % et les protestants, 17,5 %.
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